Expo au POLARIS à CORBAS en 2015

Irène Desvignes

The recent period, based on the ISLAND, leads towards a series of paintings on canvas and paper and as well small sculptures. The spatial configuration of the ISLAND brings a fertile metaphorical energy. The ISLAND is also the place of the elsewhere, of the strangeness, the place of questions and promises. Within it lie the forces of eruption and recomposition. The approach of Irene Desvignes happily brings us to the sources of nature as means to enrich our knowledge of the world and of the existence. In this way, the land power meets the human impulse. To isolate, to open, to lift, to bury, to dig, to resurface ... are all layers of our intimate geology.

In the ISLAND, we live the self-rest, the contemplation and - when it is inhabited by the volcano - the fascination . The mapping of the artist’s trips to the ISLAND  meets the memory of these places, treated as many singular centres where it is appropriate to meet oneself.

Irène Desvignes : D’îles en elle

Du rose, du bleu, un lac vert, des îles, une cartographie imagée en guise de « petite cosmogonie portative » autobiographique… tel est à peu près l’univers d’Irène Desvignes.
Au bout de ses Beaux arts à Lyon et d’une trentaine d’années de peinture, elle évolue dans ses rêves, ses souvenirs, son imaginaire ; et ses tableaux comme ses sculptures en céramique racontent chacun une histoire, déroulent une saynète.
Elle flotte au milieu de poissons phalliques. Elle caresse des cratères-lunes ou vulves ; ses petits volcans apprivoisés. Elle évoque.
Des fruits s’isolent du fond pour rendre hommage à Cézanne, à une tradition picturale ainsi que, tout simplement, à la nature édénique. Ce sont ses îles oniriques, c’est à dire ses escales dans un vaste océan qui pourrait être celui de sa vie, c’est à dire ses elles.
Il lui faut peut être en faire ses ailes pour planer dans la transparence, flâner sur les chemins du fur et à mesure, à sa façon impulsive et non intellectualisée, dans une énergique dynamique gestuelle.
S’en échapper aussi puisque, plus Irène Desvignes avance, plus elle semble aller vers des formes géométriques qui naissent, s’entrechoquent, s’envolent vers une forme d’abstraction presque naïve et très colorée. Pas la géométrie radicale, pas la couleur pure, mais l’évanescence, la tendresse aussi, peut-être.
Les îles grecques, Lanzarote aux Canaries, la Bretagne, les petits formats comme les grands, constituent les pièces d’un puzzle, les fragments d’un récit, souvent chargés de symboles et de métaphores qui, d’îles en elle, de reprises en remaniements, l’amènent vers l’épure du blanc.

Stani Chaine, Mars 2015


« A la lisière de la forêt, - les fleurs de rêve tintent, éclatent, éclairent, - la fille à lèvre d'orange, les genoux croisés dans le clair déluge qui sourd des prés, nudité qu'ombrent, traversent et habillent les arcs-en-ciel, la flore, la mer. » (Arthur Rimbaud in Enfance, Illuminations )

Nous pourrions citer beaucoup Rimbaud pour évoquer les toiles d'Irène Desvignes : de Sensation à Ophélie jusqu'aux Illuminations. Mais ce court extrait d' « Enfance » semble à lui seul condenser bien des thématiques, des motifs et des tonalités propres à l'artiste. Pêle-mêle : l'eau, la mer, les fleurs, le féminin, la nudité, les couleurs claires ou vives... Au bord de l'eau, au bord de soi, depuis quatre ans, Irène Desvignes opère un retour sur son passé qui est aussi une exploration d'elle-même et, de manière plus générale encore, de la féminité. Dans la série d'autoportraits à la bouée rose par exemple, les joies de l'enfance ressurgissent avec leur part de simplicité et de naïveté. Mais, concomitamment, la maturité du corps est soulignée, traitée avec plus de force et de dureté. La peinture d'Irène Desvignes est traversée par un écart, fût-il discret. Ecart entre la sensation immédiate et la conscience de soi, écart entre le souvenir et le présent, écart entre des motifs d'allégresse et d'autres marquant davantage l'ambiguïté, le doute, l'ironie...

Les grandes fleurs (anémones, narcisses...) d'Irène Desvignes tintent, éclairent et éclatent à tel point qu'elles envahissent l'espace, en distordent l'ordonnancement habituel. La peinture est figurative mais aussi troublée esthétiquement par une imagination qui prend sa source dans la matérialité des choses et tend à dissoudre les formes : buées, vapeurs colorées, brumes, fluidités aquatiques, liquides parfois amniotiques... L'eau et les rêves, l'air et les songes, notions chères à Gaston Bachelard, enveloppent, emportent, délestent les figures.

Quand Irène Desvignes travaille, pour une série de tableaux, sur le Bain turc d'Ingres, elle isole à chaque fois une figure féminine et déplie ainsi de manière analytique cette formidable boîte à fantasmes masculins. Elle démonte un processus pictural et, à la fois, déconstruit l'idéal érotique, pour le reconstruire et recomposer autrement. Au-delà, s'atteler à Ingres c'est bien sûr s'atteler au dessin virtuose, à la ligne serpentine. Les odalisques se retrouvent ici esseulées au milieu d'une forêt de tomates démesurées, parmi des couleurs éclatantes, des atmosphères vaporeuses et des coulures de peintures, des ajouts plastiques bruts. Eden, oui, mais légèrement vacillant et incertain. Dessin, oui, mais sous tension ou perturbé.

Dans un cycle de dessins, organisés systématiquement en triptyques, Irène Desvignes part d'abord d'une représentation de plants de tomates ; en reprend ensuite les seules zones sombres et y inscrit une figure féminine ; cartographie enfin le tout de manière abstraite en y ajoutant la première image mentale venue. Pour chaque série, un saut, un écart, est effectué : de la représentation réaliste à celle, ombrée, de l'inconscient, puis à l'abstraction agrémentée d'un motif intuitif et presque surréaliste. Ces trois « plans », pensons-nous, se retrouvent entremêlés sur les toiles de l'artiste, où le regard glisse insensiblement du naturalisme à l'incongru, de la forme à l'informe, de la ligne à la matière, de l'histoire de l'art ou de l'histoire intime à l'inopiné.

Jean-Emmanuel Denave


Exposition Marseille

Irène Desvignes peint depuis longtemps. Sa recherche s’affine, évolue, au fil de ses transformations et questionnements personnels.
Les toiles présentées ici marquent un fort goût pour l’introspection, le retour vers des valeurs fondamentales comme la nature et la féminité, que ce soit dans sa série autobiographique, dans les auto-portraits à la bouée, plus anciens ou ces grands tableaux de femmes aux fleurs, les derniers.

Un rapprochement qui s’impose comme une évidence, la nature étant par essence du côté du féminin. D’ailleurs Irène Desvignes n’analyse pas, ne conceptualise pas, elle peint. L’acrylique, un matériau qui sèche vite, devient transparent sous le pinceau de l’artiste, on dirait des aquarelles tant la peinture est diaphane. Évanescente et pourtant charnelle, elle respire la sensualité. L’exemple des tomates joufflues et appétissantes qui deviennent motifs puis taches de couleur, en gardant leur rondeur et leur sensualité, est très clair d’autant que ces détourages sont le point de départ d’une réflexion sur les figures féminines dans la peinture classique (le plus souvent peintes par des hommes, charriant ainsi leur lot de fantasmes masculins). Que l’artiste approfondit dans la reprise de La Source d’Ingres qu’elle transforme malicieusement. Ainsi toiles et dessins participent d’une même démarche, même si le dessin est plus automatique et spontané. On retrouve ici une cartographie personnelle, un vagabondage poétique qui s’apparente à des procédés surréalistes, juxtaposant sur le papier des palimpsestes de dessins, apparitions transparentes, traces d’une figure à venir qui reste à l’état d’esquisse.

À la fois savant par ses références à l’histoire de la peinture et spontané par la manière de traiter les sujets, l’art (et l’artiste) se laisse approcher à petits pas. Il faut se laisser happer par la toile, se laisser engloutir pour que résonne la palpitation de la germination. Tout comme Irène Desvignes se laisse happer par la contemplation d’un paysage (Le Grand Large) qu’elle transforme en vision singulière avec aplats de rouge et de vert. Tout comme elle ne s’embarrasse pas de réalité quand elle peint des poissons verticaux qui semblent vouloir sauter hors de la toile. Une liberté vivifiante et légère, telle une graminée effleurée par le vent.

Gallia Valette-Pilenko, le 19 octobre 2010

Expos personnelles

Avr. 2015 POLARIS - Corbas
Avr. 2011 Galerie Il trittico - Rome
Déc. 2010 Galerie Songe d'Icare - Marseille
Mai 2007 Centre d'art contemporain - Lacoux / Casino - Hauteville-Lompnes
Sept. 2006 Nouveau Palais de Justice - Lyon
Juin 2005 Galerie Passions Mauresques - St Etienne
Sept. 2004 Show Room - Lyon
Nov. 2001 Cité SEMBAT-SEGUIN - Vénissieux
Avril 1998 Espace d’Arts Plastiques - Vénissieux

Expos collectives

Avril 2008 Hôpital Bretonneau, Paris
Avril 2008 IDS, Paris
Avril 2007 Salon de Montrouge
Juill. 2006 Wartsaal 3, "Passages" - Bern
Avril 2006 Salon de Montrouge
Juill. 2005 MAC - Pérouges : "Le souffle"
Juill. 2005 MAPRA - Lyon
Janv. 2005 Galerie SWAP - Lyon
Sept. 2003 Maison des Arts Contemporains - Pérouges : "La figure de l'ange"
Janv. 1994 L'Embarcadère - Lyon
Juin 1999
  • Maîtrise Arts Plastiques. Mention Très Bien.
  • Lauréate du Prix de l'AUSEL (Alliance Universitaire Scientifique et Economique de la Loire).
  • Université Jean Monnet. Faculté : Art Communication Pédagogie
Juin 1984
  • Diplôme National Supérieur d'Expression Plastique - Art (DNSEP).
  • Beaux Arts de Lyon
Juin 1979
  • Diplôme d'Arts Appliqués. Ateliers 3 Soleils. Lyon
Email irene.desvignes9@gmail.com
Téléphone     +33 6 12 91 42 61